• Un Ingenieur Télécommunications au Jet Propulsion Laboratory - Scot Stride

    Ce titulaire d'un Doctorat en Ingénierie Informatique (Ph. D., Computer Engineering à la California State University, Fullerton) est un ingénieur sénior chargé d'ingénierie des télécommunications spatiales au Jet Propulsion Laboratory de la NASA (JPL) qui a travaillé sur les vols spatiaux et sur les technologies et matériels de télécommunications depuis 1980. Durant ses temps libres, il a réalisé des recherches sur l'utilisation des COTS existants (composants fabriqués en grande série pour l'industrie ou la vente au détail), ainsi que sur des capteurs, des instruments, et sur des technologies informatiques afin de concevoir des expériences permettant la détection de sondes robotisées extraterrestres qui pourraient avoir atteint la Terre (SETV). Dans un article de Janvier 2001 du Journal of the British Interplanetary Society, il a exposé les raisons de sa stratégie de recherche : il décrit une plate-forme/observatoire robotique autonome pour la mesure de phénomènes anormaux. Il a également présenté un document de suivi lors de la 3ème "optical SETI conference" en Janvier 2001. Il a aussi présenté, avec Bruce Cornet, un document sur ​​le Système Solaire lors du SETICon03, le troisième symposium technique annuel de la SETI League, en 2003.

    References

        Stride, Scot L., "An Instrument-Based Method to Search for Extraterrestrial Interstellar Robotic Probes" Journal of the British Interplanetary Society, 54(1/2), 2-13, 2001.

            Résumé : Les progrès technologiques nous ont permis de construire des sondes spatiales robotisées permettant d'explorer à distance notre système solaire. Des missions d'exploration interstellaire robotisées sont déjà sérieusement envisagées. Les civilisations extraterrestres avancées de notre galaxie, si elles existent, sont aussi très susceptibles d'explorer avec des sondes robotisées, et certaines pourraient avoir atteint notre système solaire et pourraient s'intéresser à la vie sur Terre. Les progrès technologiques récents permettent de mener une recherche scientifique de la preuve de l'existence de sondes interstellaires robotisées extraterrestres. Nos dispositifs de détection et nos instruments scientifiques modernes, combinés avec du matériel informatique à haute performances, peuvent être utilisés dans un effort visant à détecter la présence physique d'une sonde. Le nouveau modèle SETV (Recherche de Visite Extraterrestre) est la résultante du SETA (Recherche d'objets artificiels Extraterrestres) et du SETI. Le SETV comprend la construction de plates-formes passives autonomes d'acquisition de données utilisant des composants et du matériel de type COTS, afin de collecter des données fiables et sans équivoque sur toutes observations de phénomènes anormaux pouvant être des sondes extraterrestres. L'hypothèse SETV et les méthodes expérimentales seront décrites. L'hypothèse SETV peut être expérimentalement testée et tentera d'invalider statistiquement une hypothèse infondée qui préjuge que les sondes ETI n'existent pas. Les protocoles de pré et post-détection du SETV sont nécessaires et seront examinés. SETV est une méthode opportune, axée sur les résultats, et digne d'un examen sérieux dans notre volonté de répondre à cette question : "Sommes-nous seuls ?"

        Stride, Scot L., "Instrument Technologies for the Detection of Extraterrestrial Interstellar Robotic Probes" SPIE Proceedings on Optical SETI-III, Vol. 4273, San Jose, California, 2001.

            Résumé : Dans l'effort continu pour détecter des preuves d'ETI (Intelligence Extraterrestre) dans le voisinage solaire, des technologies instrumentales existent actuellement, qui permettent la formation d'une méthode scientifique pour mener à bien la recherche de possibles sondes interstellaires robotisées d'origine extraterrestre. La gamme des typologies techniques de sondes actuellement observables sera montré ainsi que la façon dont elles influencent la recherche spatiale, la sélection des instruments et leur déploiement. Des plates-formes autonomes d'instruments (par ex. observatoires robotisés) pour rechercher des signatures énergétiques anormales peuvent être conçues et assemblées à l'aide des COTS et des logiciels modernes. L'approche COTS pour la conception d'observatoires fournit une solution économique, flexible et une voie solide vers la collecte de données fiables. L'actuelle variété des instruments COTS permet la sensibilité d'observation, la bande passante et la vitesse de traitement intégré nécessaires pour réunir les conditions d'une prochaine détection de sondes robotisées. Une enquête sur ces technologies instrumentales sera présentée ainsi que sur la façon dont elles peuvent être appliquées à relever le défi du recueil de données scientifiques suffisantes sur les phénomènes anormaux observés, pour déterminer si oui ou non une sonde robotisée a été détectée.

        Cornet, Bruce and Stride, Scot L., "Solar System SETI Using Radio Telescope Arrays" Proceedings of SETICon 03, The Third SETI League Technical Symposium, The College of New Jersey, Ewing New Jersey, April 25-27, 2003.

            Résumé : La recherche d'intelligence extraterrestre doit inclure des programmes d'observation complémentaires afin d'explorer notre système solaire et la proximité de la Terre. Les stratégies d'observation de notre système solaire impliquent la recherche d'énergies (micro-ondes artificielles, par ex.), ou de manifestations physiques (sondes robotisées d'exploration, par ex.) qui peuvent être présentes. Des émissions électromagnétiques artificielles provenant de sondes robotisées peuvent être détectables à l'aide d'observatoires équipés de radiotélescopes tels que celui d'Arecibo par exemple, ou ceux en cours de construction tels que le Allen Telescope Array (ATA). Les systèmes futurs, tels que le Array2k SETI League ou le SETI Institute's ATA sont bien adaptés à la recherche de phénomènes micro-ondes anormaux dans le système solaire. Les réseaux orientables synchronisés ont la capacité unique de produire des faisceaux multiples, et les modèles d'antennes de cibler et traquer des systèmes planète-lune spécifiques ou des régions de l'espace profond. A des distances de moins de 50 années lumière, de grandes installations SETI peuvent détecter des émissions électromagnétiques beaucoup plus faibles que celles situées bien au-delà. Faible atténuation du signal dans le vide de l'espace (meilleur ratios signal/bruit), réduction de la scintillation du milieu interstellaire, et autres facteurs, améliorent les performances du système. Solar System SETI est une recherche de sondes d'exploration robotisées actives à l'intérieur du système solaire. Ces sondes peuvent éventuellement être découvertes si elles émettent des énergies micro-ondes secondaires (ou par fuites d'énergie). La vitesse radiale, la gamme et la localisation de ces émissions peuvent être estimées à partir d'une analyse des mesures dérivées Doppler et des données de synthèse des réseaux d'antennes à configuration quad-beam monopulse.

        Stride, Scot L., "Probing for ETI's Probes in the Solar System" Proceedings of SETI League, as Guest Editorial, June 2003, sstride @ jpl.nasa.gov.

    Source : SETI League

    Traduction libre

    Travailler au JPL pendant de nombreuses années et souscrire à sa charte a tendance à affecter votre vision du monde. Beaucoup de scientifiques et d'ingénieurs de ce centre de la NASA ne voient pas nos sondes robotisées comme de simples machines, mais comme des extensions de nos sens, de notre intellect et de nous même. En effet, Matt Golombeck avait pour habitude de qualifier, non sans humour, Mars Pathfinder Sojourner, de version "mini-géologue" de lui-même. Mes opinions sont similaires. Cela m'a indirectement conduit à m'intéresser personnellement à comment une Intelligence Extraterrestre (ETI) avancée pourrait mener une exploration galactique et construire des sondes interstellaires robotisées.

    Il s'avère que beaucoup de recherches et d'écrits sur le thème des sondes ETI ont été réalisés (Freitas, et. Al), la plupart d'entre eux dans le contexte du programme SETI initial. Actuellement, la communauté scientifique, les médias et le grand public associent le terme SETI avec de grands radiotélescopes et avec la recherche de signaux faibles venant de très loin. La plupart des gens savent qu'il y a une possibilité de communications radio (CETI), mais beaucoup ne réalisent pas la faiblesse des chances qu'elles fonctionnent dans la pratique, sur de vastes distances et entre des acteurs sur plusieurs générations d'humains. Les scientifiques professionnels du SETI et les ingénieurs connaissent très bien le potentiel des micro-ondes/ondes-millimétriques pour la radio astronomie et les télécommunications vers l'espace lointain.

    L'attention du SETI a toujours été concentrée sur la détection d'émissions ou de fuites de signaux radios extraterrestres sur une bande étroite, complétée par des observations radioastronomiques et la cartographie afin de mieux comprendre les origines de la vie extraterrestre. Toutefois, les équipements SETI, clairement concentrés sur la recherche de signaux lointains, sont philosophiquement flous quand il s'agit de rechercher des signaux de télécommunications extraterrestres pouvant provenir de notre système solaire.

    Une période partant du début des échos longs (LDE) au début des années 70 fut le sujet d'âpres discussions. D'abord enregistrée dans les années 1920 par Burrows et plus tard, préconisée par Lunan dans les années 1970, ces signaux furent d'abord interprétés comme des réponses envoyées par des sondes robotisées extraterrestres résidant dans le système solaire. Il a ensuite été montré par Lawton et al. que ces échos étaient probablement causés par un phénomène de type plasma et par des poussières de la haute ionosphère terrestre. Les LDE sont un phénomène naturel surprenant et inhabituel qui n'est pas entièrement compris, mais ils sont beaucoup trop ambigus pour être des sondes robotisées extraterrestres.

    Des scientifiques russes ont tenté quelques recherches limitées sur les signaux radio émis par des sondes dans le système solaire. Freitas et Valdes ont fait des recherches dans le domaine optique pour trouver des sondes artificielles (SETA) aux cinq points de libération Terre-Lune-Soleil. Ces recherches, réalisées aussi dans le cadre du SETI, furent principalement négatives et non concluantes.

    Cette recherche fugace, mais sérieuse, n'a pas été poursuivie par la majorité des scientifiques du SETI et, pour l'essentiel ignorée. Il est effrayant de se demander quelle aurait été leur réaction si Freitas et Valdes avaient détecté et confirmé la présence d'une sonde robotisée stationnée à L5. Mis à part ces quelques études, rien d'autre n'a été fait dans le cadre du SETI pour chercher activement des signaux radio émis par de possibles sondes extraterrestres dans le système solaire, mais il y a des raisons d'espérer.

    Actuellement, au moins un télescope SETI capte périodiquement des transmissions de sondes robotisées émettant à plus de 75 années lumière. Ces sondes ne sont pas extraterrestres, mais Pioneer 10 (NASA). Pioneer 6 a aussi été captée occasionnellement, ainsi que Galileo lorsque sa position orbitale autour de jupiter le permet. La détection de ces signaux sur bande S prouve que les dispositifs radio et optique du SETI ont la capacité de rechercher dans le système solaire des signaux qui pourraient être considérés comme d'origine extraterrestre. Les transmissions radio d'une sonde extraterrestre seraient faciles à distinguer de celles de nos propres sondes spatiales robotisées, parce que nous connaissons les positions, les fréquences d'émission et l'identification Doppler de nos sondes spatiales.

    On pourrait faire valoir que si une sonde extraterrestre se trouvant dans notre système solaire émettait un signal vers la Terre, nous étant destiné ou non, nous l'aurions déjà détecté grace aux efforts actuels du SETI. Personne ayant une connaissance pratique des activités actuelles du SETI n'accepterait cette allégation en ce qui concerne les fréquences autres que la bande située entre 1 et 3 GHz (en particulier les lignes entre 18 et 21 cm). Une sonde extraterrestre pourrait actuellement émettre des signaux d'ondes millimétriques et/ou optiques, que nous ne le saurions jamais.

    Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de surveillance active de notre ciel sur de larges spectres de fréquences en cours. Ce genre d'effort, que je qualifie de Système Solaire SETI (S3ETI), a été brièvement initié au sein du réseau Deep Space Tracking Network du JPL en 1992-93, dans le cadre des efforts du NASA HRMS (Surveillance Haute Résolution des Micro-ondes). À l'époque, l'intention n'était pas de rechercher des ondes transmises par des sondes extraterrestres dans le système solaire, mais elles auraient certainement pu être trouvées si elles étaient là, et qu'elles émettaient entre 1 et 10 GHz. Rien n'a été détecté, mais un an n'est pas très long pour trouver quoique ce soit.

    Project Argus, under the direction of the SETI League, is now diligently trying to recapture some of that sky coverage in the 1 to 3 GHz band. The goal of Argus is 100% sky coverage continuously; quite different from the JPL HRMS effort. This goal, if met even at 1-3 GHz, would outperform even the HRMS effort in terms of sky coverage. If this search were extended in frequency to cover 1 to 40 GHz, Argus would be the best bet for detecting strong leakage, a powerful beacon or robotic probe transmissions in the solar system.

    Il est peu pensable que des sondes extraterrestres transmettent des signaux de télécommunications en dessous de 2 GHz, et selon toute vraisemblance, les fréquences à privilégier sont les ondes-mm ou optiques. Cela signifie que si un système S3ETI de surveillance générale du ciel était mis en place, il devrait être fait autour de fréquences jusqu'à 40 GHz et avoir une sensibilité de réception sur une distance radiale de 50 années lumière maximum. Limiter la portée de détection à <50 années lumière (distance approximative de Pluton) simplifie la conception des récepteurs en termes d'amplificateurs, de bruit et de temps d'intégration. Il y a rien de magique à 40 GHz, c'est dans le spectre des micro-ondes, et il y a une sélection modérée de matériel commercial disponible qui permet de construire une station SETI à ondes millimétriques. Assouplir les capacités requises permet l'utilisation d'antennes à faisceau large (guide d'ondes WR28 légèrement évasé par exemple) et d'un amplificateur GaAs PHEMT MMIC LNA peu couteux et ne nécessitant pas de refroidissement par azote liquide.

    Sur 50 années lumière, un échange de télécommunications A/R avec une sonde serait d'environ 14 heures, permettant un contact utile entre civilisations, si tel était l'objectif. Si la portée de détection était réduite et la bande passante accrue, une initiative telle que le Projet Argus, pourrait éventuellement détecter les émissions radio d'une sonde extraterrestre dans le système solaire. De nombreux membres de la SETI League admettront que la perspective de détecter un signal de télécommunications à partir d'une sonde robotisée à proximité est certainement plus excitante que la détection d'un unique signal lointain et orphelin. De quoi nous nourrir l'esprit !

    Note de l'auteur : les opinions exprimées dans cet éditorial sont personnelles et ne représentent en rien les positions officielles, croyances, intérêts ou politique de la NASA, du JPL ou du Caltech.

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