• un Ingénieur de l'US Air Force, Patrick McDonough

    Il témoigne le 27 mars 2010, lors d'une conférence au National Press Club :

    Mon nom est Patrick McDonough.

    Et je suis ici aujourd'hui pour faire part d'une expérience qui m'est arrivée en septembre 1966. C'était il y a 44 ans. Mais cette expérience était tellement importante qu'elle a pratiquement été gravée dans ma mémoire. Je n'en ai rien oublié.

    Mais je me fais vieux et je tenais à relater cette expérience et à la consigner officiellement.

    Quelques informations à mon sujet : je m'étais engagé dans l'US Air Force à Berkeley, en Californie, la première semaine de novembre 1962, au début de la crise des missiles de Cuba qui était alors en train de se dérouler. Je me sentais patriotique.

    Et jusqu'à cette époque, j'avais fait des études d'ingénieur à l'université. J'avais fait trois ans d'ingénierie. L'US Air Force, partant de ma formation, m'a formé comme expert géodésique, et j'ai été assigné au 1381è Escadron d'enquête géodésique à Orlando, en Floride.

    En 1965, nous avons déménagé à la base US Air Force de Warren dans le Wyoming. En moyenne, je passais neuf à dix mois par an en service provisoire, à effectuer des relevés de latitude et de longitude sur nos sites de missile et nos bases aériennes pour positionner des missiles et des systèmes de guidage d'avion.

    Essentiellement, la mission de l'escadron était de fournir des coordonnées géographiques précises pour le système de guidage inertiel de missiles ou d'avions - afin que le missile ou l'avion sache exactement, précisément, où il se trouvait quand il décolle - tandis que les services de renseignement fournissaient les données de ciblage.

    Début septembre 1966, moi-même et deux autres pilotes, le pilote de premier niveau Al Kramer et le pilote de troisième niveau Charlie Coates, avons été temporairement assignés à la base US Air Force de Malmstrom et on nous a ordonné de réaliser les enquêtes géodésiques initiales pour les 50 derniers sites de missile là-bas. Il y avait déjà 150 sites de missiles «Minuteman-1» et nous achevions les 50 derniers pour l'unité.

    Et essentiellement, nous étions assignés au groupe d'activation du site qu'ils appellent "SATAF". C'était… Boeing, en fait, l'entrepreneur principal. On nous a donné un camion du gouvernement, pas de radio. Tout ce qu'il y avait dedans, c'était…

    J'étais chef de groupe. J'étais l'observateur de notre petite équipe de trois hommes. Al était l'enregistreur, Charlie était... nous essayions de le former tant à l'observation qu'à l'enregistrement. Généralement nous arrivions à un site de missile vers… en début de soirée. Nous préparions nos instruments.

    Et essentiellement, ce que je faisais c'était observer les étoiles pour fournir des latitudes et des longitudes précises. La nuit de cet incident, nous achevions une série de ce que nous appelons des "observations d'astro-azimuts célestes", au sud-est de Conrad.

    Moi je faisais l'observation, Al enregistrait, et Charlie aidait Al avec le chronomètre pour la synchronisation pendant que je programmais Polaris.

    Ce qu'il y avait d'inhabituel sur le site de missiles où je me trouvais c'était que l'écoutille d'explosion du silo était ouverte. Et c'était très inhabituel.

    Normalement, quand j'allais sur ces sites de missile, même s'ils n'avaient pas encore été activés, les écoutilles étaient toujours fermées. Les monolithes étaient là. Nous faisons quatre monolithes et réalisons un quadrilatère précis. Et ... le travail que nous avons fait était très précis. Cela impliquait beaucoup de... pratiquement tous [les calculs] utilisaient des visées d'après les étoiles et...

    Donc, voici un site sur lequel nous arrivons et l'écoutille d'explosion est ouverte. Nous avions presque terminé les observations d'étoiles. Nous étions déjà allés sur les trois autres monolithes et j'étais au monolithe du... à côté de l'écoutille.

    Il était probablement une heure, une heure trente, et un objet volant non identifié est arrivé du Nord et s'est arrêté juste au-dessus de nous. Ce... je dirais qu'il était probablement à une altitude de 100 mètres, plus ou moins. Peut-être un peu plus haut. C'est un peu difficile à dire dans l'obscurité.

    Il était rond. J'évaluerais son diamètre à environ 15 mètres, c'était [un engin] plutôt grand, vous savez, de l'envergure d'un B-52. Quelque chose dans ce goût là. Assez grand. Il semblait être parcouru de lumières pulsantes sur son pourtour. Et de son centre une lumière blanche était projetée sur le silo. Il n'y avait aucun vent. Il n'y avait aucun bruit. Il est seulement resté là peut-être 20, 30 secondes au maximum.

    Ensuite, je me souviens juste... j'ai la tête levée vers les étoiles, d'accord ? Je suis un observateur plutôt averti de ce qu'il y au-dessus de moi, ici, dans la sphère céleste là-haut. Et je me suis juste dit, et si cette chose nous téléportait avec son rayon, qu'elle nous emporte au loin et ne revienne jamais sur Terre ? Je veux dire, ça me passe par la tête, ici, pendant que cette chose me surplombe.

    Et puis, de son arrêt au point mort, il se propulse vers l'est. Tout à fait comme: maintenant vous le voyez, maintenant vous ne le voyez plus. Juste ... "touuu".

    Alors après que l'Ovni soit parti, j'ai attrapé mon instrument, j'ai sauté au volant du camion et nous sommes partis. Et nous n'avions pas l'intention d'être encore là au cas où il reviendrait. Nous n'avions pas de gardes avec nous parce qu'il n'y avait pas de missile. Nous n'avions pas de radio parce que nous n'étions pas vraiment en contact avec la base de l'US Air Force.

    Je ne sais même pas que tous ces autres trucs sont en train de se passer, pour être honnête avec vous. Je veux dire, c'est... on est juste là dehors, de notre côté, à faire... à faire ces sites et à renvoyer nos résultats.

    C'était un... Je n'étais même pas au courant qu'il existait un problème d'Ovni, en soi. Mais, comme il s'est avéré, nous n'en avions pas totalement fini avec les évènements de la nuit.

    Alors que nous nous éloignions à toute vitesse et étions sur le chemin du retour vers Conrad, le Génie militaire avait renforcé toutes les routes avec du ballast pour permettre le transport des lourds missiles qu'ils apportaient. Et bien sûr ce sont de nouveaux sites, et ils avaient démonté tous les panneaux de signalisation pour élargir les routes.

    Et je passe la colline et je descends. Les phares balayent vers le bas: il n'y a plus de route. Ça fait un T.

    Alors j'ai essayé d'aller... vous pouviez aller à gauche ou à droite. J'ai essayé d'aller à gauche vers Conrad et le camion s'est retourné, et nous avons fini à l'envers. Heureusement, aucun de nous n'a été blessé.

    Nous avons marché pendant probablement deux heures jusqu'à une ferme voisine, si on peut appeler cela voisine, et j'ai appelé la police de la route du Montana. Le fermier nous a ramenés sur le site de l'accident. Et c'était intéressant quand l'agent de police de la route est arrivé, parce que nous lui avons raconté comment ça s'était produit.

    Il nous posait des questions et son centre d'appels lui avait dit qu'il y avait eu plus de vingt signalements à son bureau cette nuit-là, faisant état d'un Ovni dans le secteur.

    J'ai envoyé des rapports d'incident au SATAF, à Boeing, à l'État de Montana, à propos de l'accident. Mais vous savez, ce qui était intéressant, c'est que je n'ai jamais plus rien entendu de l'Armée de l'air concernant l'incident.

    Et je n'ai jamais dû… il n'y a eu aucune sanction ni demande de remboursement à mon encontre pour avoir renversé ce camion. Or ce camion avait 25 km au compteur cette après-midi ! C'était un nouveau camion. Bien, donc eux... rien. Je n'ai rien entendu. Et... c'était une bonne nouvelle parce que je n'avais pas vraiment envie d'acheter le camion.

    Je suis retourné à mon quartier général à la base US Air Force de Warren, et environ un mois et demi plus tard j'ai été déchargé de mes fonctions. Je n'ai pas mentionné avoir détruit ce camion, là-bas au Montana, au cours de l'une de mes missions temporaires. Ils ne m'ont rien demandé et je ne l'ai pas mentionné. Je ne voulais pas l'acheter et...

    Mais je dois dire que pendant mes quatre années de service dans cet escadron d'enquête géodésique, j'avais travaillé sur les missiles et les avions les plus récents de l'Armée de l'air américaine. Et j'ai travaillé partout sur ces systèmes de guidage. Et nous, ou moi, n'avons jamais rien vu dans tout l'inventaire de l'US Air Force qui puisse être aussi performant que cet Ovni. C'est…

    Je ne sais pas ce que c'était, mais nous n'avions certainement aucun... Je n'ai jamais rien vu de semblable à cela.

    Et je voudrais remercier chacun d'entre vous d'être ici aujourd'hui et remercier le Club National de la Presse. Espérons qu'un jour, le… nous apprendrons dans un avenir proche que… le gouvernement rendra peut-être publiques les informations qu'ils ont sur les Ovnis.

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